Géorgie : un journaliste demande l'asile politique en Suisse

Publié le par sophie tournon

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Par Sophie Tournon. (Sources : Georgia Times, Civil Georgia)

Le célèbre journaliste géorgien Vakhtang Komakhidze, directeur du studio «Reporter», demande l’asile politique à l’ambassade de Suisse. Il affirme ne plus pouvoir exercer sa profession librement en Géorgie, et craindre pour son intégrité physique.

L’ambassade de Suisse, qui confirme le dépôt de sa demande, dit l’étudier avant de pouvoir répondre, dans quelques mois. Le journaliste est soutenu par une certaine frange de la profession et par l’opposition. La leader du parti d’opposition «Mouvement démocratique – Géorgie unie» Nino Bourdjanadze appelle à fonder une association pour venir en aide aux journalistes selon ses mots «soumis à une terreur en provenance du pouvoir.»

Vakhtang Komakhidze est connu pour ses reportages accusateurs mettant en cause des personnalités haut placées du gouvernement dans des affaires sombres, notamment des meurtres politiques. Ces pamphlets ont été diffusés sur les quelques chaînes de l’opposition, et ont été de nouveau montrés à l’occasion de sa demande d’asile politique, en guise de soutien pour son activité engagée et militante, toujours dirigée contre le gouvernement. Dans sa seconde enquête filmée, le journaliste dénonce le discours officiel sur la mort classée accidentelle (asphyxie par gaz) de l’ancien Premier ministre Zourab Jvania et sur celle naturelle (crise cardiaque) du candidat oligarque opposant aux élections présidentielles Badri Patarkatsichvili.

Vakhtang Komakhidze, qui se trouve en Suisse en attendant la réponse des autorités helvétiques sur son statut, affirme que sa situation en Géorgie s’est détériorée depuis sa visite, en décembre 2009, en Ossétie du Sud, aux côtés du défenseur des droits de l’homme Paata Zakareichvili et de la représentante de l’Union des invalides de guerre, pour rencontrer les autorités non reconnues de la région séparatistes afin de discuter du cas d’adolescents retenus prisonniers. A leur retour à Tbilissi, leur démarche avait été vertement critiquée par les députés de la majorité qui voyaient en eux des «traîtres» manipulés par le président sud ossète. Le journaliste avait alors déclaré vouloir tourner un film documentaire dans cette zone fermée aux Géorgiens depuis le conflit d’août 2008, déclaration selon lui à l’origine de tous ces ennuis actuels.

Dépêche publiée le 15/02/2010

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