Le Figaro : "Kouchner soutient Tbilissi contre Moscou"

Publié le par sophie tournon

Paru dans le Figaro du 16 juillet 2010

http://www.lefigaro.fr/international/2010/07/15/01003-20100715ARTFIG00585-kouchner-soutient-tbilissi-contre-moscou.phpp

 

Par Régis Genté

L'Union européenne et Tbilissi ont entamé jeudi des négociations sur un Accord d'association. 

Le lancement des négociations sur l'Accord d'association entre l'UE et la Géorgie a donné l'occasion jeudi à Bernard Kouchner d'affirmer son appui à Tbilissi dans son différend avec Moscou. Le chef de la diplomatie française a ainsi accusé la Russie de violer les conditions du cessez-le-feu établi avec la Géorgie après la guerre éclair de 2008, et a appelé les troupes russes à reprendre les positions qu'elles occupaient avant le conflit. «Selon les accords que nous avons signés, les troupes russes devraient se retirer au-delà des lignes antérieures au conflit et cela n'a pas été fait et nous poursuivons toujours cette entreprise», a déclaré Bernard Kouchner.

Le ministre des Affaires étrangères français a également réaffirmé le soutien de la France à l'intégrité territoriale de la Géorgie, qui a été remise en cause après la guerre de 2008 suite à la reconnaissance par la Russie de l'indépendance des régions séparatistes géorgiennes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. «Pour nous, les régions d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie (…) sont des régions et des territoires géorgiens et nous souhaitons œuvrer le plus possible et avec le plus d'efficacité possible pour (…) que ces régions redeviennent géorgiennes. Il n'y a pas d'ambiguïté dans la position de la France», a-t-il précisé.

Paris avait joué un rôle de médiateur dans le règlement de ce conflit de cinq jours lors duquel l'armée russe avait écrasé une offensive lancée par la ­Géorgie sur l'Ossétie du Sud à la suite d'accrochages entre ses troupes et des rebelles.

 

«Changement de méthode» 

 

Mais la visite de Bernard Kouchner et de Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, sur les bords de la mer Noire avait d'abord pour objectif de donner le coup d'envoi des tractations sur l'Accord d'association. Tbilissi espère d'ici deux à trois ans s'être entendu avec Bruxelles sur les divers chapitres touchant tant l'association politique, avec un fort volet droits de l'homme, que l'intégration économique dans l'UE, sur la base d'un accord de libre-échange.

«Lors d'un Conseil de sécurité en mai, le président Saakachvili a dit que cet Accord d'association est désormais la priorité stratégique de la Géorgie. Cela ne veut pas dire du tout que Tbilissi abandonne son idée de devenir membre de l'Otan, qui est une question clé pour assurer sa sécurité contre la Russie. Cela indique que les Géorgiens ont changé de méthode, qu'ils pensent que le meilleur moyen pour entrer dans l'Otan c'est de se rapprocher de l'Europe autant que possible», explique un proche du président Mikhaïl Saakachvili. Un changement de tactique plus que de priorité qui dénote aussi un changement de ton. Tbilissi se voulant moins tourné contre l'ennemi russe et plus concentré sur son développement à l'européenne.

Pour mener à bien cette politique, Mikhaïl Saakachvili a nommé chef négociateur avec l'UE le politologue franco-géorgien Thorniké Gordadzé, 34 ans, devenu fin juin vice-ministre des Affaires étrangères. Si revirement stratégique il y a, suite à la débâcle militaire face à la Russie voilà deux ans et après avoir perdu l'espoir de rapidement intégrer l'Otan, les Géorgiens rappellent à l'envi leur profond désir d'Europe.

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Publié dans Géorgie-Europe

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