Le ministre de l'Intérieur n'apprécie ni Bourdjanadzé, ni la monarchie, ni le foot...

Publié le par sophie tournon

Dépêche publiée le 12/04/2010


Par Sophie Tournon. Source : Civil Georgia

Le ministre géorgien de l’Intérieur Vano Mérabichvili a tenu à préciser ses paroles avancées lors de l’entrevue accordée au journal russe Kommersant.



Si, selon lui, l’idée du rétablissement d’une monarchie en Géorgie continue de secouer certains milieux, même de manière marginale, cette idée lui apparaît comme un pur anachronisme en ce XXIe siècle.

Il nie aussi avoir déclaré que le gouvernement géorgien ne prenait pas en compte l’avis de l’Occident, son propos aurait été déformé : il s’agissait d’un exemple quand la Géorgie était passée outre le conseil de l’Europe et avait armé ses soldats, au risque d’une confrontation directe avec les forces russes.

Sur la négociation censée avoir eu lieu entre la Géorgie et la Russie pour que cette dernière, alors en pleine guerre contre les forces géorgiennes en août 2008, détruise la statue de Staline à Gori contre 50.000 $, le ministre affirme qu’il s’agissait d'une manière de dénoncer le culte du dictateur soviétique toujours en cours en Russie : «C’est une histoire connue : quand Givi Targamadzé menait des négociations avec les occupants pour libérer des prisonniers, il leur a demandé de ne pas détruire les infrastructures civiles, mais, s’ils le souhaitaient, contre une certaine somme, ils pouvaient exploser le monument de Staline. Tel était le contexte de ce dialogue. Les officiers russes ont répondu : comment pouvez-vous parler ainsi de Staline, il est notre idéal…»

Vano Mérabichvili nie en outre que son ministère ait des liens quelconques avec la chaîne «Première caucasienne», chaîne géorgienne destinée à révéler la «vérité» sur la situation en Géorgie, contrant la propagande russe hostile à tout ce qui provient de cet Etat caucasien.

Sur les élections municipales dont la campagne bat actuellement son plein en Géorgie, et particulièrement à Tbilissi, le ministre réitère ses propos et réaffirme son mépris pour les candidats de l’opposition que sont Zourab Noghaïdéli et Nino Bourdjanadzé, tous deux ayant conclu des accords avec la Russie.

A la question «A quoi vous attendez-vous après les élections?», le ministre se risque à faire de l’humour, manière (prudente?) de ne pas répondre: «La majorité des Géorgiens attend le championnat du monde de football. Je ne suis pas fan de foot, mais mon fils oui.»
 
*

Publié dans Politique intérieure

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article