Négociations en vue des prochaines municipales à Tbilissi

Publié le par sophie tournon

Par Sophie Tournon (sources: Civil Georgia, Georgia Times)

Les prochaines élections municipales prévues à Tbilissi au printemps 2010 font l’objet de négociations serrées entre les différents partis en jeu. La mairie est prisée pour son rôle de tremplin vers la présidence, ces élections anticipées étant assimilées, aux yeux de l’opposition, à un plébiscite pour un changement de pouvoir par les urnes, et non plus par une «révolution».

Mise à part la difficulté que rencontre l’opposition désunie à se choisir un candidat unique (plusieurs partis et un mouvement, présentant chacun leur héraut), se pose la question épineuse du mode de scrutin. Le débat porte sur le choix entre des élections calquées sur le modèle de la présidentielle, lors de laquelle le vainqueur doit remporter plus de 50% des voix, et qui peut donc se dérouler sur deux tours, et des élections dans lesquelles la barrière est moins haute. Il semblerait qu’à l’issue d’une rencontre interpartis qui a eu lieu le 12 novembre, cette dernière solution a été prisée. Restait alors à fixer le pourcentage de cette barrière: 5%, 30% ou 50%.

La majorité a marqué sa préférence pour une barrière abaissée à 30% des voix, chiffre en-deçà duquel les candidats sont exclus de la course. Seul le mouvement politique de l’opposition Alliance pour la Géorgie, emmené par le charismatique Irakli Alassania pressenti comme prochain maire, a regretté que ce mode de vote ne reprenne pas le modèle de la présidentielle. Notons que ce mouvement, qui regroupe trois partis d’opposition, est le seul à avoir accepté de participer à ce compromis, jouant le jeu du dialogue avec le gouvernement; les autres partis d’opposition, plus radicaux, refusent catégoriquement toute «compromission» avec le pouvoir honni. Avant que cette proposition n’entre en vigueur, l’Alliance pour la Géorgie espère voir se relever cette barrière, même de peu.

L’obstacle majeur qui se dresse devant l’opposition, pourtant acclamée dans la capitale géorgienne, est sa division en plusieurs partis et mouvement non fédérés et sans aucune cohésion, si ce n’est celle de renverser le pouvoir en place. Du fait de cet éclatement, il est peu probable qu’un candidat de l’opposition puisse atteindre un score lui permettant de rêver à la mairie, face à un parti majoritaire stable et installé. Ainsi, paradoxalement, alors que les Tbilisselis s’inscrivent majoritairement en faux contre le pouvoir, leur dispersion électorale pourrait leur porter préjudice et assurer la victoire du parti au pouvoir.

Dépêche publiée le 18/11/2009

Publié dans Politique intérieure

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