Ossétie du Sud – Géorgie : des enfants en jeu

Publié le par sophie tournon

Dépêche publiée le 10/11/2009

Par Sophie Tournon.
Sources : Civil Georgia, Georgia Times


Le 4 novembre 2009, quatre adolescents géorgiens âgés de 14 à 17 ans ont été arrêtés par les forces de l’ordre d’Ossétie du Sud vers 23 heures. Les autorités sud ossètes les accusent d’avoir franchi illégalement la frontière et de cacher sur eux des grenades et des explosifs. Les enfants, quatre garçons d’un village géorgien proche de la zone sous contrôle russe, ont expliqué vouloir rejoindre leurs proches situés au-delà de la frontière non reconnue par la Géorgie.

Alors que Tbilissi parle d’enlèvement, l’Ossétie du Sud a transféré ces jeunes vers la capitale Tskhinvali pour les emprisonner avant de les juger. Selon le ministère de la Communication et des médias, des membres de la Croix rouge ont pu leur rendre visite.

Cet événement fait suit à la libération de 21 Géorgiens arrêtés dans des conditions similaires. Akaki Minachvili, qui dirige la Commission parlementaire aux Relations internationales, pointe du doigt la faiblesse des observateurs internationaux chargés de prévenir et d’empêcher de tels incidents le long de la frontière géorgienne-abkhaze. De son côté, le député de la minorité chrétienne-démocrate Nika Laliachvili accuse l’Etat de ne pas être en position d’assurer la sécurité de ses citoyens sur le territoire géorgien.

Dans son discours prononcé le 9 novembre, à l’occasion de l’inauguration d’un nouveau complexe de maisons, offert par la Turquie, pour 100 familles de réfugiés géorgiens, le président géorgien Mikhéil Saakachvili a dénoncé cette ligne de démarcation entre la Géorgie et les deux entités séparatistes abkhaze et sud ossète. Il a rapproché ces frontières de facto au mur de Berlin dont l’Europe fête l’anniversaire de la chute en compagnie du Premier ministre russe. « Cette frontière, qui n’est ni administrative ni politique, est une véritable ligne d’occupation séparant la liberté de la non liberté. C’est une séparation entre les gens et les non gens qui kidnappent des enfants et les jettent en prison. C’est une frontière entre le passé et l’avenir, l’avenir de la Géorgie et de la liberté. » Il en a profité pour remercier la Turquie, partenaire exemplaire : « Je souhaite que la Russie s’inspire de l’exemple de la Turquie si elle désire un jour être aussi moderne et talentueuse que l’est aujourd’hui la Turquie », a-t-il déclaré.

Pour la presse anti-Saakachvili, la présence des adolescents géorgiens en territoire ossète constitue la preuve que la Géorgie est un pays en décomposition, sa jeunesse cherchant des moyens de subsistance ailleurs en pillant ou revendant des armes, au risque de leur liberté. Le fait que l’un des adolescents souffre, semble-t-il, de la tuberculose, vient étayer cette thèse d’une Géorgie dickensienne.

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