Vers des relations diplomatiques avec les régions séparatistes?

Publié le par sophie tournon

Dépêche publiée le 07/02/2010
CAUCAZ.COM

Par Sophie Tournon. Sources : Civil Georgia, Georgia Times



Le ministère géorgien de la Réintégration de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud a présenté le 24 janvier un document intitulé «Stratégie envers les territoires occupés – en vue d’une collaboration». Ce document souligne l’intérêt du gouvernement géorgien à prendre en considération les besoins des populations placées «sous l’arbitraire des forces d’occupations russes». Selon les mots du ministre à la Réintégration Temour Yakobachvili, cette stratégie tend à offrir à ces populations «le droit à une éducation normale, à entreprendre des projets économiques, culturels et autres liés au reste de la Géorgie.» Il s’agira entre autres de rouvrir les voies d’accès, de favoriser les échanges commerciaux, de développer les infrastructures scolaires et hospitalières, etc. Ce document a été présenté au Conseil de l’Europe le 2 février.

Cette stratégie se veut pacifique et à l’écoute des personnes, elle se présente comme une alternative à la violence et se base sur la confiance mutuelle. Un Plan d’action est à l’étude pour concrétiser ces vœux de collaboration poussée, et sera présenté avant le 30 juin, selon le gouvernement géorgien. Le document prévoit une relation «neutre» avec les autorités abkhaze et sud ossète non reconnues par Tbilissi, qui continue de les appeler «les régimes marionnettes». Autre «cible» visée par ce projet ambitieux et novateur : les Abkhazes de la diaspora qui se trouvent en Turquie (depuis le XIXe siècle), et dont les relations avec l’Abkhazie indépendante se sont progressivement étoffées. Selon le ministre, il s’agit de soutenir la culture abkhaze «qui ne doit pas disparaître», et de prendre en considération les problèmes de cette population.

Le document ne s’étend pas sur le statut des régions indépendantes de facto. Toutefois, il précise que les discussions à ce sujet ne pourront reprendre qu’une fois les régions «libérées» et les déplacés revenus chez eux, et que l’intégrité territoriale de la Géorgie est inconditionnelle.

L’un des buts évidents de ce document est de faire comprendre au Kremlin, prompt à accuser la Géorgie de bellicisme aveugle, que Tbilissi préfère la voie diplomatique à la voix des armes. Autre objectif avoué : ne pas dépendre des seules initiatives internationales mais initier ses propres entreprises de rapprochement avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, en vue de rompre «l’isolationnisme» de ces régions tournées vers la seule Russie. «Nous ne comptons ni oublier, ni offrir ni abandonner ces territoires à la Russie,» a déclaré T. Yakobachvili.

En réaction, le 2 février, le président de l’Abkhazie indépendante Serguey Baghapch a déclaré qu’il s’agissait là d’une déclaration sur mesure uniquement faite pour les Géorgiens de Gali, restés en Abkhazie. «En réponse à ce programme, nous ferons fermer la frontière sur la frontière Ingouri pour que Gali ne devienne pas une ‘cinquième colonne’,» a précisé S. Baghapch. Le gouvernement abkhaze rejette ce document qui nie l’indépendance abkhaze et dénigre son autorité.
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