Les Géorgiens peuvent-ils rire de tout?

Publié le par sophie tournon

Dépêche publiée le 03/11/2009
Par Sophie Tournon. Sources : Roustavi 2, Civil Georgia, Georgia Times

Les ministères géorgiens de la Justice et de l’Intérieur ont lancé une enquête préliminaire contre le/s auteur/s du montage vidéo publié sur la toile qui dénigre le Patriarche.

Sur ce clip de moins d’une minute, le vrai patriarche tient un faux discours ordurier à l’encontre du président Mikhéil Saakachvili. La polémique a enflé quelques jours plus tard après un reportage télé consacré à ce qui pourrait être considéré comme une pochade d’humoriste « trash ». Des associations orthodoxes ont rapidement manifesté à travers le pays en solidarité avec le Patriarche, héros involontaire de cette caricature inhabituelle pour les Géorgiens.

Le fait qu’une enquête ait été requise inquiète les défenseurs des droits de l’homme. La critique de la religion comme des religieux, fussent-ils de hauts dignitaires, n’est en principe pas passible de la loi. Deux personnes, un étudiant et un écolier, ont déjà été appréhendés, des fichiers relatifs au clip trouvés dans leurs ordinateurs. Une troisième personne est inquiétée : Téa Toutberidze, qui travaille dans un think tank proche du pouvoir, avait publiée la vidéo incriminée sur sa page Facebook, a été accusée d’avoir pris part à cette « charge » qui choque tant.

Une lettre commune vient d’être envoyée aux deux ministères inquisiteurs par diverses associations, rassemblées par le Médiateur de la République, exigeant des explications sur le bien fondé et la légalité de ces poursuites qui sont attentatoires à la liberté d’expression.

Publié dans Justice

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