Qui finance l'opposition?

Publié le par sophie tournon

Un des leaders de l'opposition géorgienne, Lévan Gatchétchiladzé (photo), a affirmé que son récent et rapide séjour en Europe, sans plus de détail, avait pour objectif de lever des fonds pour les mouvements d'opposition qui manifestent depuis le 9 avril dans les rues de Tbilissi.

 

Il compte ouvrir une fondation pour collecter ces fonds dont « le moindre tetri sera dépensé pour la lutte pour la démocratie et la liberté en Géorgie ». M. Gatchétchiladzé dit espérer recevoir 1 million de laris (soit env. 600 000 dollars), mais refuse de révéler « pour le moment » l'identité du ou des généreux « mécènes », pour des raison de sécurité.

 

Au Parlement, le président Davit Bakradzé a rappelé que les partis politiques géorgiens n'avaient légalement pas le droit d'être financés par des fonds issus de l'étranger. Ce à quoi un député « chrétien démocrate » a rétorqué que l'opposition se voyait acculée à rechercher de l'argent à l'étranger du fait des pressions subies par les industriels afin qu'ils ne financent pas l'opposition. Il a aussi rappelé que, pour les législatives de 2008, les 12 partis minoritaires n'avaient dépensé qu'un million de laris alors que le parti présidentiel avait bénéficié d'une campagne de 12 millions de laris. Un député de la majorité a alors répliqué que les industriels, qui recherchent la stabilité avant toute chose, ne pouvaient subventionner des mouvements n'apportant que désordre et incertitude dans le pays.

 

Les députés de la majorité ont rapidement émis des doutes sur l'origine de ces fonds et y voient la main de la Russie, dont le but serait de renverser l'actuel gouvernement.

 

Par ailleurs, le chef du parti conservateur Kakha Koukava a déclaré qu'il refuserait toute subvention douteuse provenant de l'étranger, car le budget de son parti se devait de rester transparent. Il est aussi revenu sur la mort de l'oligarque Badri Patarkatsichvili survenue peu après qu'il se fut déclaré contre le président Saakachvili. Depuis, selon lui, les hommes d'affaires n'investissent plus ouvertement dans les partis d'opposition, craignant pour leur vie.


Sources : Georgia Times, Georgian Times, Georgia Online

Publié dans Politique intérieure

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