Pour l’opposition, une fin unique mais des moyens divers

Publié le par sophie tournon

Dépêche publiée le 15/10/2009

Par Sophie Tournon. Sources : Civil Georgia, Georgia Times

De plus en plus sûrement, les divers mouvements et partis d’oppositions géorgiens ne se retrouvent qu’autour d’un seul et même dénominateur commun : le changement de pouvoir. Mais rien de moins sûr quant aux moyens d’y parvenir. Le répertoire d’action de cette opposition, que seule la haine du président unie, est particulièrement diversifié.

A la suite d’une réunion des leaders de l’opposition le 14 octobre, les principales lignes directrices de ces mouvements anti-Saakachvili ont été présentées. D’un côté, les « radicaux » partisans des manifestations de rues et rejetant par principe toute collaboration ou tout lien avec le pouvoir. De l’autre, les « modérés » misant tout sur les prochaines échéances électorales, afin d’opérer un changement de pouvoir dans les règles de la démocratie. Grands absents, les partisans de la politique d’ouverture du gouvernement, ceux qui ont conservé leur siège de député ou qui ont accepté de participer aux quelques réunions officielles, sur invitation du président. Enfin, les autres partis d’opposition qui jouent en solo.

Le parti de Nino Bourdjanadze « Mouvement démocratique – Géorgie unie » et celui d’Eka Bessélia « Mouvement pour une Géorgie unie » sont parmi les plus radicaux, elles réclament toutes deux des présidentielles anticipées.

« L’Alliance pour la Géorgie » d’Irakli Alassania se positionne depuis le début dans une stratégie démocratique : son leader brigue ouvertement la mairie de Tbilissi, premier pas selon lui vers le pouvoir suprême. Koba Davitachvili, du « Parti du peuple », l’accompagne dans sa campagne modérée.

Le « Forum national » de Goubaz Sanikidze, qui refuse de présenter un candidat aux élections municipales par rejet du système électoral actuel, préfère faire campagne dans les régions, jusque là négligées par l’opposition, pour poursuivre dans la voie de la désobéissance civile.

Quant à Salomé Zourabichvili, de « la Voie de la Géorgie », elle soutient les ambitions d’Alassania tout en préférant agir aux côtés des « radicaux ». Lévan Gatchétchiladzé fait lui aussi le choix d’une telle ouverture d’esprit, à moins qu’il ne s’agisse d’une hésitation.

L’idée d’élections primaires, avancées par les conservateurs, afin que toutes les oppositions se choisissent leur représentant et unique candidat à la mairie, ne semble toujours pas populaire parmi les opposants.

Pour certains politologues, toutes ces actions seraient vaines étant donné que la population géorgienne est dans son ensemble largement acquise au président Mikhéil Saakachvili.

Publié dans Politique intérieure

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