Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 14:54

Appel à communication : 


"Caucase & Asie Centrale : l'environnement. Histoire depuis les indépendances, portraits, écologie politique et état des lieux"


Caucaz Europenews vous invite à contribuer à sa prochaine newsletter consacrée aux questions environnementales : les sujets abordés auront pour cadre la période contemporaine, depuis les indépendances.
Sujets possibles : 
- Histoire de la question environnementale, ses évolutions ou ses impasses, ses liens avec l'héritage soviétique, ses relations avec l'international
- l'écologie politique : quel sens et quelle forme cette mouvance prend-elle dans l'espace post-soviétique
- portrait d'organisation, d'activistes, description d’évènements marquants
- état des lieux local, national ou panoramique

Envoyez vos propositions(en français, russe ou anglais) avant fin mai à :
sophietournon@gmail.com

Merci de faire circuler cette annonce!
Amicalement,
Sophie Tournon
Par sophie tournon - Publié dans : International
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Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 10:51

Pour la plupart, les jeunes de Kmara!ont, aujourd’hui, intégré les postes libérés par le renvoi des fonctionnaires marqués par l’ère Chevardnadzé; certains se sont même retrouvés au plus haut niveau, dans l’entourage du fougueux président Mikheïl Saakachvili. Les révolutionnaires de la veille sont devenus les forces dirigeantes d’aujourd’hui, voire -ajoutent quelques-uns- les conservateurs de demain. Après sept ans de réflexion, un nouveau mouvement estudiantin, cette fois circonscrit à Tbilissi, retrouve depuis le 15 avril les vertus de la désobéissance civile, mais sur le mode artisanal, sans subventions étrangères ni soutien médiatique international.

Un sentiment de ras-le-bol qui éclate enfin

Le point de départ de ce mouvement étudiant pour l’instant très marginal est précisément localisé: l’Université d’État de Tbilissi Ivane Djavakhichvili, dite TSU (Tbilissi State University). Quelques centaines de jeunes manifestent depuis le 15 avril, la bouche recouverte d’un masque marqué d’une croix noire, symbole de l’absence de liberté de parole. Les affiches brandies et les quelques posters collés à la sauvette sur les murs étonnent: on se croirait presque à Paris en mai 1968. Les étudiants ont en effet eu la facétieuse idée d’utiliser les fameux slogans («Sois jeune et tais-toi!»; «La Beauté est dans la rue») et posters des turbulentes journées rouges françaises, autant pour se motiver que pour s’inscrire dans une sorte de continuité historique.
Par Sophie TOURNON 
Le 01/05/2011 

Sept ans après le mouvement Kmara! (Assez!) qui a accompagné la révolution des roses, les jeunes étudiants géorgiens descendent de nouveau dans la rue. Mais la comparaison s’arrête là: les étudiants de Targmne! (Traduis!) sont plus prosaïques, moins utopistes et bien seuls…


Les étudiants de la TSU sont, depuis des décennies, représentés par un Conseil autogéré d’étudiants qui fait suite à l’organisation soviétique des Komsomols, association de la jeunesse placée sous le contrôle du Parti communiste à des fins d’enrôlement. Ce Conseil a pour fonction officielle de représenter les étudiants, de les soutenir dans leur formation universitaire (défense de leurs droits, soutien éducatif, aide à la recherche, modernisation du système éducatif et proposition de loisirs éducatifs) et, accessoirement, d’organiser leurs loisirs. Doté d’un confortable budget annuel de plus de 780.000 laris (soit environ 320.000 euros), cette association n’a pas l’heur de plaire à tout le monde. Une poignée de jeunes critiquent sa gestion financière, l’argent étant prioritairement consacré aux loisirs sportifs et culturels, aux dépens des besoins réels des étudiants. Refus de dialoguer, violence et radicalisation s’enchaînent. Doit-on y voir le point de départ d’un mouvement promis à plus d’ampleur? Le fait est que le mouvement, très limité, attire les partis politiques d’opposition. Son devenir intrigue: l’Ouest sait ce qu’une étincelle estudiantine peut coûter à toute la société…

Témoignages d’activistes en graine

Pour présenter ce mouvement encore embryonnaire mais détonnant dans le paysage politique plutôt apathique de la Géorgie actuelle, nous avons interviewé quelques-uns de ces activistes et acteurs de premiers plans.

Giorgi Kikonichvili, ancien étudiant de la TSU, se dit dégoûté de l’obsolescence de l’enseignement et des cours «ineptes» qui y sont dispensés, il est actuellement inscrit à l’Université Ilia; éditorialiste pour l’hebdomadaire Liberali[1]. «Un groupe indépendant d’étudiants de la TSU a préparé, tourné puis présenté un petit film intitulé Targmne![2]. Il présente les problèmes concrets des étudiants de notre faculté de science politique, problèmes communs à tous les étudiants: nous n’avons en effet aucun manuel universitaire en géorgien, alors que la loi stipule bien que l’enseignement doit se faire en géorgien, manuel compris».
Giorgi Gogoua, étudiant en science politique à la TSU, co-auteur du film cité ci-dessus: «C’est une initiative d’étudiants mécontents. Nous voulions que les étudiants, les professeurs et l’administration, comme le Conseil des étudiants, trouvent une solution à cette question, et non pas accuser qui que ce soit par cette vidéo».
Khatia Nadaraia, étudiante en sociologie politique: «Selon nous, les étudiants du Conseil autogéré de la TSU ne remplissent pas leur rôle, ne se soucient pas des vrais problèmes des étudiants. Lors de la présentation du film, certains ont remis en question leur gestion, et des membres du Conseil s’en sont alors physiquement pris à eux, des étudiants ont été blessés et violemment frappés. De plus, ces personnes nous menaçaient et nous insultaient via nos blogs consacrés à ces questions. C’était terrifiant».
Giorgi Kikonichvili: «Un de ces membres a même eu l’audace de poster sur sa page Facebook une note déclarant que la démocratie et la liberté de parole étaient inutiles, et que les étudiants récalcitrants seraient punis ‘comme Hitler l’a fait au XXe siècle!’ Ce fascisme latent nous a décidés à réagir, à organiser une manifestation non violente sur les marches de l’Université Djavakhichvili. D’autres étudiants se sont joints à nous, ainsi que quelques personnalités, des écrivains, musiciens, etc., et même des étudiants français et polonais».

Pourquoi, selon vous, ces membres du Conseil étudiants agissent ainsi?

Khatia Nadaraia: «Ils réagissent violemment à toute critique qui remet en cause leur utilisation du budget; ce sont des privilégiés qui ne font rien d’utile, à part se rendre à des réunions à l’étranger, sans se préoccuper des questions relatives à l’enseignement. Des privilégiés, car les anciens membres du Conseil sont devenus des officiels. Ce qui explique qu’ils conservent cette institution pour s’assurer leur avenir. Tout cela est évidemment lié à la politique».
Giorgi Gogua: «Le film n’a pas posé de problème, tout a commencé juste après, quand les étudiants se sont mis à critiquer le Conseil autogéré, et que ses membres sont devenus violents. Ils ont manifestement un problème avec la liberté d’expression. D’où notre manif et nos masques».
Giorgi Kikonichvili: «Les étudiants ont enfin eu le courage de s’opposer au Conseil, dont les membres sont notoirement partisans du parti au pouvoir de Mikheïl Saakachvili. Le Conseil est une sorte de laboratoire politique qui forme les futurs politiciens pro-gouvernement. Fondamentalement, le problème provient de toute la société géorgienne: elle est xénophobe, intolérante, en dépit des discours de notre Président qui la dépeint sous un jour idéal. Le faible niveau général de l’éducation en Géorgie est une explication. Seule une ‘minorité cultivée’ est progressiste et tolérante, surtout parmi les jeunes».

Y a-t-il eu des réactions officielles à votre mouvement?

Giorgi Gogua: «Plusieurs professeurs, dont certains qui interviennent dans notre film, admettent que le problème des manuels est important et nous soutiennent, mais presque aucun n’est venu à la manifestation».
Khatia Nadaraia: «Pratiquement personne de l’Université ou du gouvernement ne bouge, ce qui tend à prouver qu’il y a des liens entre le Conseil, l’administration universitaire et le parti au pouvoir. Et si les médias indépendants parlent de nous, ce n’est pas le cas des chaînes pro-gouvernementales Rustavi 2 et Imedi, qui nous ignorent».
Giorgi Gogoua: «Ce silence est inexplicable. Heureusement les réseaux sociaux, et surtout Facebook où nous sommes très actifs, relaient les informations sur notre mouvement».

Quelles sont vos revendications?

Giorgi Kikonichvili: «Ce conseil est véritablement un héritage de l’URSS, à peine modifié. La plupart des personnes qui ont quitté ce Conseil de leur propre chef confirment qu’il n’est pas indépendant, qu’il fonctionne comme l’ancienne Union des étudiants soviétiques. Nous voulons que les membres du Conseil soient jugés pour leurs actes de violence, que le Conseil soit démis et que notre sécurité soit assurée. Notre mouvement ne fait que commencer, il est apolitique, c’est un mouvement purement étudiant, indépendant, nous ne prêchons pour aucune chapelle politique. Bien sûr, plusieurs partis nous courtisent, mais nous les rejetons, nous voulons nous débrouiller par nous-mêmes».

Pourquoi cette mobilisation seulement maintenant?

Giorgi Kikonichvili: «C’est une bonne question! Il faut savoir qu’en Géorgie, la liberté de parole, la responsabilité civile sont quasi mortes. La population, la jeunesse sont ce que j’appelle des ‘morts vivants’. Ils ont peur du ‘Big Brother qui les observe’ ou sont simplement apathiques».

Entre apathie et révolte

Pour ces jeunes militants, le constat général est négatif. Ils soulignent l’arriération de l’enseignement, le manque de professionnalisme des professeurs et l’inertie générale. La question des livres non traduits n’est alors qu’un aspect d’un problème bien plus profond, nécessitant une réforme radicale et une modernisation urgente de l’université et des mentalités. Marina Muskhélichvili, professeure de science politique et dirigeante du Centre d’études sociales à Tbilissi, est la co-auteure d’un article sur l’état de l’enseignement supérieur en Géorgie[3].

Marina Muskhelichvili: «Les professeurs de la TSU débattent de ces problèmes matériels depuis longtemps, tout le monde admet l’état déplorable des choses. En 2005, nous avions fait remonter cette question jusqu’au niveau du ministre de l’Education de l’époque, en vain. Nous étions au mieux ignorés, au pire traités de rétrogrades. Le ministre Alexandre Lomaïa a été jusqu’à déclarer que nous étions la «partie génétiquement néfaste de la nation»! Il faut savoir que l’enseignement des sciences sociales est quelque chose de nouveau en Géorgie, il n’y a pas de littérature héritée de l’URSS. La fondation Soros, entre autres, a aidé à traduire des ouvrages et des manuels, mais c’est insuffisant. Il existe des petites bibliothèques dotées d’ouvrages en anglais, or cette langue n’est pas maîtrisée par la majorité des étudiants. Quant à la littérature en russe, certaines universités préfèrent l’éviter. De toute manière, les étudiants ne maîtrisent pas davantage cette langue. Le mode de gestion de toute l’université est aussi problématique… C’est une situation typiquement post-soviétique. Il sera intéressant de voir la réaction du nouveau recteur de la TSU (nommé il y a six mois), s’il saisira cette opportunité pour faire avancer les choses».

Dans son article paru en 2010, M.Muskhelichvili pointait le problème des manuels non traduits et de la faible implication des professeurs dans leur discipline. Elle espérait qu’un changement pourrait intervenir sous l’effet de l’influence extérieure, notamment du programme Erasmus Mundus de l’UE et de l’action des pays européens qui pousseraient le gouvernement géorgien à aligner son système sur celui de son «modèle» européen. Il se peut que le changement vienne plutôt de l’intérieur, des étudiants eux-mêmes.

La génération Saakachvili et Facebook

Ces étudiants, une trentaine d’activistes motivés, s’organisent et débattent des suites à donner au mouvement. Facebook est leur plateforme privilégiée, malgré un sentiment d’être «sur écoute». Influence des «révoltes Facebook» du Maghreb ou mode de mobilisation désormais classique en ce début de XXIe siècle, en tout état de cause, ces jeunes, qui vivent leur baptême politique, sont fortement politisés, plutôt libéraux de gauche et remontés contre le parti au pouvoir (le Mouvement national uni de Mikhéil Saakachvili, de droite), celui qu’ils connaissent depuis maintenant huit ans et dont ils ne voient pas la fin se profiler.

Pour tenter de comprendre l’état d’esprit qui règne au sein de cette mobilisation inattendue, il faut avoir en tête l’atmosphère générale dans le pays: la déception suite à l’enthousiasme suscité par la révolution des roses en 2004, l’intuition que les résultats de la prochaine présidentielle de 2013 sont joués d’avance, en faveur de l’équipe au pouvoir, l’absence de réelles opportunités de travail et de carrière, l’inertie ou l’incompétence des partis d’opposition comme la crise économique et sociale qui s’aggrave, tout cela alimente un sentiment diffus de ras-le-bol. Pour autant, ce petit groupe d’étudiants se refuse à tomber dans le défaitisme, le nihilisme ou l’indifférence. 

Fondamentalement, ce mouvement s’appuie sur un besoin profond de reconnaissance, de justice, de transparence et de dialogue constructif. Il révèle l’état d’esprit certes d’une minorité, mais avec laquelle il faudra probablement compter, car ces jeunes activistes –peut-être les décideurs ou les opposants de demain– entrent dans une logique de bras de fer en voie de politisation. Ils auront à cœur d’étendre leur mouvement aux autres universités. Qui sait, peut-être même aborderont-ils de front des questions plus vastes, telles la dénonciation des bris d’empire soviétique tapis dans les couloirs d’administrations opaques, la modernisation à achever de la Géorgie et, à plus long terme, la révolution culturelle à engager dans un pays qu’ils estiment arriéré?

Notes:
[1] Voir Sophie Tournon, «Liberali, ou l’héroïsme chaque semaine dans les kiosques», Regard sur l’Est, 16 juin 2010, http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1096.
[2] http://www.youtube.com/watch?v=W1i0RaqBINI&feature=player_embedded.
[3] Marina Muskhelishvili, Zurab Abashidze, «Science or Ideology?: Georgian Crossroad», in Rainer Eisfeld, Leslie Pal (eds), Political Science in Central and Eastern Europe: Diversity and Convergence, Barbara Budrich, Opladen, 2010, pp.135-147.

Photo vignette: © Tazo Kupreishvili, http://georgianphotoblog.tumblr.com, avril 2011.

Par sophie tournon - Publié dans : Politique intérieure - Communauté : l'actualité en général
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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 14:30

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Par sophie tournon - Publié dans : International - Communauté : Media - Actualité générale
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Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 22:08

Dossier: "Regards de l’Est sur l’Union européenne" 

Regard sur l'Est http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1185

Par Sophie TOURNON 
Le 10/04/2011 

 

L’Accord de Partenariat et de Coopération (APC) signé entre l’Union européenne et la Géorgie, en vigueur dès 1999, a été suivi d’un Partenariat européen de voisinage (PEV), en 2006, venant renforcer les relations de l’UE avec son voisin caucasien. En 2009, l’UE a proposé un Partenariat oriental qui sera probablement remplacé, fin 2012, par un Accord d’Association, en vue duquel la Géorgie a déjà commencé les réformes demandées. Selon le ministre adjoint aux Questions européennes Thorniké Gordadze: «Dans cette dynamique, nous rapprochons notre politique étrangère des grandes lignes de la diplomatie de l’UE.»[1]

L’UE en Géorgie

Le but affiché de l’UE en Géorgie est de soutenir les réformes renforçant l’État de droit, la justice, les institutions politique et économiques, les finances publiques, le respect des droits de l’homme, les soins de santé primaires dans les régions, soutenir l’office du Médiateur (ou Ombudsman) de la République, etc. Les derniers acquis, qui furent abondamment commentés dans les médias géorgiens, ont été la délivrance facilitée de visas d’entrée dans la zone Schengen associée à un accord sur la réadmission, déjà en vigueur depuis mars 2011. 

De son côté, la Géorgie, qui communique avec fierté sur ses relations avec l’UE et sur ses espoirs d’une adhésion à court terme, s’est dotée d’un ministère pour l’Intégration euro-atlantique en 2004, ainsi que d’un Comité parlementaire pour l’Intégration européenne la même année. 

Seul bémol à cette entente: la mission d’observation européenne (l’EUMM) déployée à la suite du conflit d’août 2008. Les observateurs n’ont toujours pas accès à l’Abkhazie ni à l’Ossétie du Sud indépendantes de facto, dont les frontières non reconnues par la quasi-totalité de la communauté internationale sont gardées par les forces russes.

Attentes, critiques et doutes

Quel est l’intérêt de l’UE dans cet État très controversé, lointain et instable? Deux lectures opposées tentent d’y répondre. Selon l’approche pessimiste, les liens tissés entre l’UE et la Géorgie relèvent davantage d’une politique sécuritaire des marges de l’Europe que d’une réelle mission d’intégration de la Géorgie en son sein. Ces eurosceptiques, qu’ils soient Européens ou Géorgiens, soulignent la fameuse «fatigue européenne» due à l’élargissement, doublée des crises financières qui embrasent le Sud de l’UE. Dans un tel contexte, l’adhésion de nouveaux de pays considérés à problèmes, dont la Géorgie, n’est pas souhaitable et serait freinée par des promesses vagues et des accords préalables durcis.

Selon une approche plus optimiste, le Partenariat oriental, et surtout le prochain Accord d’Association, dont six chapitres sur les quarante-cinq prévus sont déjà provisoirement clos, reflètent la volonté certaine de faire de la Géorgie un membre de l’UE à part entière. La cadence de l’élargissement est certes ralentie et les conditions durcies, mais ce serait pour permettre à l’UE de se remettre de crises temporaires.

Il s’agit alors de deviner si le Partenariat oriental est une forme de préadhésion ou un accord d’association avec les États tampons de l’UE. Une chose est claire: la Commission européenne a fait savoir qu’elle était en phase d’assimilation de ses nouveaux membres, et donc qu’une pause lui était nécessaire avant de reprendre sa politique d’élargissement. L’époque est ainsi à l’attentisme, avec son lot de doutes et de récriminations. Comme l’exprime Th.Gordadze, «Nous serions prêts à prendre davantage de risques par rapport à l’UE si nous avions une promesse claire d’adhésion, fut-ce à longue échéance.» En d’autres termes, l’UE pourrait ne plus apparaître comme la panacée pour une Géorgie qui non seulement ne trouve pas ses efforts remerciés à leur juste valeur, mais en plus fait face à un durcissement des recommandations européennes.

Un récent rapport d’experts indépendants franco-géorgiens revient sur les négociations sur la zone de libre-échange, le DCFTA (Deep and Comprehensive Free Trade Agreement) pour en dénoncer le caractère inique[2]. En résumé, les auteurs estiment que «bien que la Géorgie ait agi de manière ferme et rapide, l’UE n’a répondu qu’avec lenteur et réticence.»Selon ce rapport circonstancié, le rapport dissymétrique entre la Géorgie, volontaire, et l’UE, hésitante, souligne l’abus de pouvoir d’une UE qui décide seule, change et durcit les conditions préalables à l’Accord de libre-échange. Cette politique est perçue comme injuste, d’autant que la Géorgie se présente comme l’élève consciencieux, voire même comme le «disciple» qui va au-delà des espoirs et des compétences de son «maître»: «La Géorgie est le voisin de l’Europe qui a accompli unilatéralement les plus grandes réformes, avec un immense succès. En bref, la Géorgie est l’archétype du voisin qui bénéficiera le mieux d’un soutien ferme de l’UE, et qui en retour confirmera la réputation d’une Europe modèle économique et politique.» La Géorgie serait ainsi indispensable au projet européen. 

La sévérité du DCFTA est perçue par ces auteurs, au mieux comme une erreur à réajuster, au pire comme une politique visant à faire des États candidats des «clones d’États membres» sans accès complet au marché européen, sans réel soutien ni voix au chapitre au sein de l’UE. De son côté, si la Géorgie accepte de s’engager dans les réformes requises par le DCFTA (taxes, droit du travail, etc.), elle prendrait d’importants risques économiques (Th.Gordadze parle même du risque d’un effondrement de l’économie géorgienne), sociaux et politiques peu avant l’élection présidentielle de 2013. Cela amène les experts du rapport susmentionné à se poser la question de l’opportunité réelle d’une telle association. Si, selon eux, l’UE nie l’approche politique du DCFTA et ne révise pas ses conditions préalables rebutantes, si elle reste campée sur une lecture essentiellement économiste de ces accords, la Géorgie pourrait revoir son ambition européenne. «Tbilissi est tout aussi proche de Bombay que d’Anvers et, sur ce point, les distances géographiques comptent moins que le dynamisme économique.» Autrement dit, Tbilissi pourrait se passer de l’UE…

L’UE, la plus petite des poupées gigognes en place?

Ce qui pourrait passer pour une menace de la part de ces experts –expriment-ils publiquement ce que pensent tout bas les caciques du pouvoir géorgien?– fait écho à une rumeur de chantage, mené cette fois sur (ou contre) la Géorgie. En prenant la métaphore de la poupée gigogne, certains craignent que l’UE ne soit la cadette d’une série de poupées qui comprend l’OTAN, la Russie et l’OMC, chacune liée à l’autre par un rapport de force plus ou moins évident. Dans cette optique, la promesse d’adhésion à l’UE serait une sorte de piège et la Géorgie aurait affaire à un véritable jeu de dupes.

Depuis la guerre d’août 2008, la Géorgie est considérée par la communauté internationale comme un partenaire problématique. Soutenue quasi aveuglément par la Maison Blanche de G.W.Bush, elle ne bénéficie plus d’un tel enthousiasme depuis l’élection de B.Obama. Ce dernier a en effet engagé une politique de rapprochement avec la Russie qui vient remettre en cause les fondements géopolitiques antérieurs. Dès lors, le gouvernement géorgien se considère presque comme une «victime collatérale» de cette amitié jugée contre nature entre les deux grands anciens ennemis. Pour autant, les États-Unis multiplient les messages de soutien envers Tbilissi, et considèrent ses réformes pro-européennes d’un bon œil, comme une preuve de sa capacité à porter sa candidature à l’OTAN. De fait, l’intégration à l’organisation atlantique est pratiquement le but ultime du gouvernement géorgien, sa mission la plus sacrée: une fois dans l’OTAN, la Géorgie aura enfin intégré «le bon côté de la force», celui qui la détachera à jamais de l’espace postsoviétique soumis à la menace de l’impérialisme russe, ainsi que le présente le gouvernement.

Entretemps, la Russie, qui frappe à la porte de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis juin 1993, voit enfin son marathon toucher à sa fin. La politique étatsunienne du «reset», du réchauffement des relations entre Moscou et Washington, et les accords entre la Russie et l’UE, et la Russie et les États-Unis, ont achevé de décider les États membres de l’OMC à intégrer le plus grand pays du monde. Mais c’est oublier que le mode d’accès au club est conditionné au droit de veto de ses membres, dont la Géorgie fait partie.

A l’issue de la guerre d’août 2008, la Géorgie s’est retirée des négociations d’adhésion de la Russie à l’OMC, gelant les espoirs de cette dernière. Pressée par les États-Unis et l’UE, la Géorgie est revenue discuter avec Moscou, alors que les deux gouvernements n’entretiennent plus aucune relation diplomatique ou commerciale depuis 2008. Le 9 mars 2011, un premier round de discussion, à Berne, a permis à Tbilissi, forte de son droit de veto, de poser comme préalable à l’adhésion russe la transparence du commerce entre les deux pays en froid. Elle réclame notamment de contrôler de concert avec les Russes les postes douaniers sous contrôle russe situés en Abkhazie et en Ossétie du Sud, reconnues de la Russie et d’une poignée insignifiante de gouvernements. Tbilissi, qui dénonce l’occupation de 20% de son territoire par l’armée russe, réclame son droit à contrôler le passage de produits sur «son» sol. Or l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, qui rejettent l’autorité de Tbilissi, refusent toute «ingérence géorgienne» dans leur politique d’import-export menée avec la Russie. L’enjeu du contrôle des points douaniers repose en partie entre les mains de la Suisse qui sert d’intermédiaire entre les deux pays. Le prochain round est prévu en mai pour permettre de dépolitiser cette question.

Arrogante, la classe politique géorgienne au pouvoir semble se délecter de cette situation qui place la Géorgie au centre d’un jeu politique apparemment favorable. Le président Saakachvili a été jusqu’à déclarer:«Des Russes nous ont dit qu’ils permettraient le retour du vin géorgien sur le marché russe si nous changions notre position. Or nous n’avons plus de vin à vendre aux Russes.»[3] Mais le «dossier UE» pourrait être subordonné au «dossier OMC». La promesse d’adhésion de la Géorgie à l’Union européenne, ou au moins au DCFTA, pourrait être faite si la Géorgie de son côté lâchait du lest sur l’adhésion de la Russie à l’OMC. Cette rumeur est prise au sérieux au plus haut niveau, Th.Gordadze la redoutant ouvertement. De plus, le 27 mars 2011, le Commissaire européen à l’élargissement Stefan Fuele a déclaré qu’en mai, une version révisée de la politique de voisinage serait présentée[4]: faut-il y voir un lien avec la rumeur en question ou juste la poursuite logique du partenariat de l’UE avec ses marges? 

Au final, il reste assez difficile de définir les relations UE-Géorgie. Non seulement parce que, au sein même des deux parties, les avis divergent. Les eurosceptiques géorgiens critiquent le libéralisme timide de l’UE et les europhiles ses atermoiements, alors même que les membres de l’UE sont divisés entre partisans d’un élargissement à rythme soutenu et opposants à tout nouvel entrant dans le contexte de crise actuelle. Mais aussi parce que ces relations sont mouvantes et parfois déroutantes, l’UE étant tout à la fois un modèle, un partenaire, un poids voire même un piège. Dans ce jeu, bien malin qui devinera lequel, de l’UE ou de la Géorgie, est la dupe de l’histoire…

Notes:
[1] Th. Gordadze, P. Verluise, «La Géorgie parie sur l’UE», Diploweb, 6 février 2011.
[2] P. Messerlin, M. Emerson, G. Jandieri et A. Le Vernoy, An Appraisal of the EU’s trade Policy towards its Eastern Neighbour: the case of Georgia, 1er mars 2011.
[3] “Georgian President: Russia has to compromise if it wants into WTO”, Foreign Policy, 30 mars 2011.
[4] “EU Set To Retool Policy Toward Neighbors”, Radio Free Europe, 28 mars 2011.

L’Europe prise dans son acception la plus large jouit d’une excellente presse en Géorgie, et ce depuis plus d’un siècle. Ce petit État douloureusement extirpé de la période soviétique et toujours soumis au jeu d’influence de la Russie multiplie les réformes et les ponts qui l’arriment à chaque fois davantage au club des États européens.

Par sophie tournon - Publié dans : Géorgie-Europe - Communauté : l'actualité en général
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Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 09:42

Article paru dans l'édition du 06/04/2011 CAUCAZ.COM


Par Giulia Prelz Oltramonti* 

Traduit en français par S.Tournon

La nouvelle politique officielle du gouvernement géorgien en direction de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud souligne le besoin d’accroître les liens économiques et commerciaux malgré les lignes de séparation. Toutefois, l’adoption de ces « mesures de confiance » arrive trop tard : les gouvernements géorgiens successifs se sont trop souvent opposés à la construction d’une confiance économique par le passé. Aujourd’hui, le terrain ne semble plus favorable à un tel projet.



La «Nouvelle stratégie pour les territoires occupés : l’engagement par la coopération»[1] promeut un rapprochement des relations économiques, davantage de mouvements de biens et des personnes et des échanges avec l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud de factoindépendantes. Elle offre un contraste saisissant avec les mesures prises par les précédents gouvernements géorgiens: blocus économique contre l’Abkhazie depuis 1996 –bien que peu respecté- et restrictions commerciales avec l’Ossétie du Sud depuis 2004.

Dévoilée en janvier 2010, cette «stratégie nationale pour les territoires occupés» dénonce le caractère international du conflit qui a éclaté entre les troupes géorgiennes et russes en Ossétie du Sud en août 2008, ainsi que le rôle de la Russie qui maintient des divisions dans les deux zones sécessionnistes. Elle insiste sur les principes d’intégrité territoriale et de souveraineté de la Géorgie sur l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, et sur le droit au retour de près de 150.000 déplacés (estimation basse). Elle met aussi en avant la volonté de négocier de larges autonomies pour les régions séparatistes et souligne l’importance d’un dialogue avec les populations abkhazes et sud ossètes. Or rien de tout cela n’est réellement nouveau, chacun de ces points ayant déjà été soulevés au cours des années passées. 

La nouveauté réside dans l’implication partagée de cette stratégie, dans les aspects pratiques de cet «engagement par la coopération». Celui-ci inclut des mesures de construction de la confiance dans les domaines économiques et des infrastructures: promotion d’échanges économiques, développement d’infrastructures destinées à augmenter la mobilité inter-frontalière, promotion de la liberté de mouvement. Alors que les restrictions commerciales limitaient la coopération à son minimum, cette nouvelle stratégie innove par ses mesures économiques.

Ce qui n’a pas été fait 

Cette stratégie ne peut faire oublier les nombreuses opportunités manquées (ou sciemment sapées) de coopération économique de ces dernières vingt années entre la Géorgie et l’Abkhazie, et la Géorgie et l’Ossétie du Sud. 

Le cas du TransCam[2] (corridor commercial de Transcaucasie) en offre un exemple. Les raisons de la fermeture de ce corridor commercial en décembre 2003 sont bien connues: risque supposé d’un soutien à l’indépendance de facto de l’Ossétie du Sud, nécessité de taxer les importations et les exportations, lancement de la campagne anti-corruption. Mais la conséquence involontaire était «le rétablissement de la confiance la plus efficace du Caucase»[3]. Les échanges économiques entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud étaient bien réels et dynamiques, particulièrement sur le marché d’Ergnéti. Proche de la ligne de cessez-le-feu entre l’Ossétie du Sud et la Géorgie, ce marché a pendant des années joué un rôle central pour le TransCam, proposant un grand choix de produits, de l’essence ou des cigarettes aux produits agricoles. Compromis en 2004, ce modèle est aujourd’hui proposé comme la solution à tous les maux. 

Une autre contradiction se trouve dans les plans d’infrastructure. En 2010, l’objectif annoncé est d’améliorer l’infrastructure de part et d’autre des lignes de séparation. En 2004, certaines routes reliant la Géorgie et l’Ossétie du Sud en Chida Kartlie, région administrative géorgienne qui recouvre une grande partie de l’Ossétie du Sud et certaines villes dont Gori, étaient éventrées par des explosions, avec pour but de limiter le marché noir local[4]. Certes, les circonstances ont changé, toutefois le président Mikhéil Saakachvili, personnalité clé des institutions issues de la révolution des roses, s’est maintenu au pouvoir, malgré les controverses sur sa gestion du processus de réintégration des régions sécessionnistes et des tensions croissantes qui ont mené vers le conflit d’août 2008. Et quand bien même il a considérablement révisé sa position de départ, les sud Ossètes ne semblent pas vraiment prêts à lui accorder leur confiance.

Sur le front abkhaze, les années 1990-2000 ont vu se répéter les tentatives de renforcer le blocus économique sur la ligne de cessez-le-feu qui longe la rivière Ingouri entre l’Abkhazie et la Géorgie et vers la mer, afin d’arrêter les revenus économiques provenant de l’Abkhazie. Trois effets sont à noter: les Abkhazes ont non seulement développé une mentalité d’assiégés, mais ils ont établi des liens économiques, financiers et commerciaux renforcés avec la Russie et la Turquie, et le petit commerce qui avait pris place sur la ligne de cessez-le-feu a alimenté le marché noir et la contrebande.

L’amélioration des infrastructures des deux côtés de la frontière remet immanquablement à l’esprit ces trains électriques de fret et de passagers qui cheminaient vers le nord. A partir de 2004, la compagnie de chemin de fer russe a rétabli cette ligne permettant de relier du mieux possible les villes abkhazes d’Otchamtchira et de Soukhoumi à la ville russe de Sotchi. Tbilissi a condamné cette réhabilitation, méprisant l’importance de ce lien pour les Abkhazes et ne tentant rien de tangible de son côté pour restaurer la liaison entre Soukhoumi et le port géorgien de Batoumi. En dépit de toutes ces incohérences, le gouvernement géorgien n’en a pas moins proposé en 2010 d’établir «des liaisons de bus traversant les lignes de séparation». Mais ces bus arrivent trop tard.

Jusqu’en 2008, on compte de nombreux exemples de coopérations économiques entravées ou évitées, celles présentées ci-dessus ne représentant que quelques exemples parmi d’autres, que l’on retrouve sous une nouvelle forme dans la Stratégie d’Etat de 2010. Ceci sans compter les opportunités manquées, comme la proposition, présentée par une poignée d’intellectuels géorgiens fin 2004 et jamais retenue, de créer une zone économique spéciale entre l’Abkhazie et la Géorgie.

Après le conflit d’août 2008, le gouvernement géorgien a tenté d’isoler l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud en interdisant toute activité économique non officiellement reconnue dans les deux régions. Sans aucun contrôle territorial dans ces zones, le gouvernement géorgien se contentait de faire observer sa loi dans ses eaux, les garde-côtes arrêtant les navires de commerce provenant d’Abkhazie[6]. Paradoxalement, le gouvernement géorgien cherchait à aggraver l’isolement de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud au moment où il perdait le contrôle de la perméabilité de leurs frontières administratives du fait de la présence de soldats russes. Cette tentative de mettre l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud en quarantaine relevait-elle d’une foi en l’efficacité de cette politique d’isolement, ou était-ce la réaction de la Géorgie au statu quo? La seule certitude réside dans le changement radical de politique du gouvernement géorgien. 

La nouvelle approche économique de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud depuis 2010 apparaît en effet comme un surprenant retournement de situation. Suivant sa stratégie de l’«engagement par la coopération», le gouvernement géorgien a proposé la «création de zones économiques spéciales, zones socio-économiques intégrées ou autres qui chevauchent les lignes de séparation.» 

Les propositions présentées par le gouvernement géorgien viennent à un moment où la situation sur le terrain a profondément changé. L’Abkhazie et l’Ossétie du Sud ont vu leur indépendance reconnue par leur allié russe, qui leur fournit troupes et fonds. La Russie ne semble pas prête à réduire sa présence ni son influence à court terme. Au final, les propositions de la confiance à rétablir présentées par la Géorgie perdent tout leur sens. 

Alors que, depuis les années 1990, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud avaient eu un intérêt, en termes de gains économiques comme pour la viabilité économique de leur «Etat», d’adopter certaines de ses mesures géorgiennes, actuellement, ces autorités de facto n’ont plus la même approche, grâce entre autres à leur puissant allié du nord. Toutefois, il peut leur être tout aussi difficile de mettre sur pieds leur propre stratégie sur ces questions, étant donné que ce même allié considère avoir un droit de regard sur ces affaires. En attendant, les biens et les personnes affluent plus volontiers vers le nord, tournant le dos à la stratégie géorgienne de relations économiques. Force est alors de constater que l’«engagement par la coopération» arrive trop tard.

*Visiting fellow au Centre de la Vie Politique, CEVIPOL, Université Libre de Bruxelles.

Notes:

[1] “State Strategy on Occupied Territories: Engagement Through Cooperation”, texte intégral en pdf : http://www.civil.ge/files/files/SMR-Strategy-en.pdf
[2] La route transcaucasienne, mieux connue sous l’appellation abrégée Transcam (pour Transkavkazkaya Magistral’), reliait l’Ossétie du Nord à la Géorgie via l’Ossétie du Sud, en passant par le tunnel de Roki, ouvert en 1985. Entre 1991 et 2004, le TransCam était la principale route commerciale hors taxe de transit de biens entre la Géorgie et la Russie. 
[3] T. De Waal, « The Caucasus: a region in pieces”, Open Democracy, 8 janvier 2009, http://www.opendemocracy.net/article/the-caucasus-a-region-in-pieces 
[4] Civil Georgia, 28 décembre 2003, http://civil.ge/eng/article.php?id=5904&search= 
[5] Tarel Gusep, “Will there soon be a special economic zone between Abkhazia and Georgia?”, Caucaz.com, 14 septembre 2005, http://www.caucaz.com/home_eng/breve_contenu.php?id=186 
[6] “Georgia threatens Abkhazia over sea-trade”, Financial Times, 20 août 2009, http://www.ft.com/cms/s/0/945f9dd0-8da3-11de-93df-00144feabdc0.html?nclick_check=1#axzz1DMn9eX6i
Par sophie tournon - Publié dans : Politique intérieure - Communauté : l'actualité en général
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