L'opposition sud ossète dénonce l'autoritarisme du président Kokoyty

Publié le par sophie tournon

Dans un article du « Moscow Times », l'analyste Paul Goble s'intéresse à la situation politique en Ossétie du Sud, où le président Edouard Kokoyty semble vouloir s'installer durablement dans son fauteuil présidentiel en arrangeant la Constitution à cette fin.

 

D'après ce grand spécialiste américain, qui se reporte sur l'article du site russe d'information « Politkom », le comportement du président sud ossète « discrédite son régime aux yeux de sa population, fournissant même des excuses à la Biélorussie et aux autres pays pour ne pas reconnaître [son indépendance], et compromettant le contrôle russe sur les dépenses des aides russes » octroyées à l'Ossétie du Sud, par peur de détournement de ces fonds.

 

Un groupe d'opposants politiques au président sud ossète se rend régulièrement à Moscou pour prier le Kremlin de garantir la légalité des toutes premières élections législatives indépendantes des autorités géorgiennes prévues le 31 mai, et pour convaincre Edouard Kokoyty de ne pas altérer la Constitution et, partant, de ne pas discréditer ses alliés russes. Ces opposants accusent le président d'arranger des élections visiblement non démocratiques en « éliminant » les partis d'oppositions et en imposant un régime criminel.

 

La Russie a diplomatiquement conseillé Edouard Kokoyty (photo) de respecter l'actuelle Constitution sud ossète qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux, et à se choisir un successeur. Ce faisant, Moscou cherche à montrer qu'elle respecte la vie politique indépendante de la région sécessionniste qu'elle est la seule, avec le Nicaragua, à reconnaître officiellement. Mais les autorités russes ne sont pas naïves au point d'ignorer la nature du régime d'Edouard Kokoyty, qui ne se sent pas les mains liées par Moscou. Ainsi, vendredi dernier, Anatoly Barankevitch, l'ancien chef du Conseil de la Sécurité d'Ossétie du Sud a déclaré, lors d'une conférence de presse, qu'aujourd'hui « l'Ossétie est un territoire affranchi de la loi »

 

M. Goble montre que les relations entre l'Ossétie du Sud et la Russie peuvent osciller entre deux extrêmes, du coup d'Etat à l'absorption de l'Ossétie dans la fédération de Russie, au risque d'envenimer encore plus ses rapports avec la Géorgie et le monde, qui ne manquerait pas de l'accuser d'avoir prévu cette annexion depuis le début du conflit d'août.

 

Pour M. Goble, il est clair que l'Ossétie du Sud pose plus de problèmes pour Moscou que l'Abkhazie, elle aussi indépendante de facto. Car en Abkhazie, « le régime a plus de soutien de la part de sa population, et même des Circassiens et des autres communautés [du Nord Caucase] qui voient dans une Soukhoumi [la capitale abkhaze] indépendante le premier pas vers la restauration de leurs patries au Nord Caucase ».

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