"La Géorgie doit prendre exemple sur la Finlande"

Publié le par sophie tournon

Le professeur Avtandil Boutskhrikidzé de l'université de Koutaïssi expose dans un article publié sur le site caucasia-experts son point du vue sur la stratégie géopolitique idéale de la Géorgie.

 

Le professeur déplore les choix politiques de la classe politique actuellement au pouvoir en Géorgie et pointe leur ignorance des réalités géopolitiques de la région sud caucasienne, ignorance qui aboutit à faire souffrir le peuple géorgien. Le problème principal de cette position réside, selon lui, dans le refus de prendre en compte le fait que la Géorgie partage près de 800 km de frontière avec la Russie, ce qui a conduit à la perte de l'Abkhazie et de l'Ossétie du sud.

 

Selon M. Boutskhrikidzé, la Géorgie a imprudemment délaissé les conseils de ses alliés qui, depuis des années, l'incitaient à choisir la voie de la neutralité pour lui préférer l'alliance avec l'OTAN, faisant de la Géorgie, avec l'Estonie, l'une des « ennemis de la Russie », selon un sondage sociologique mené pour le journal russe « Komsomolskaya pravda » de juin 2007.

 

« Nous devons accepter cette vérité axiomatique : suivant la loi des processus géopolitiques, c'est bien la Russie qui domine dans le domaine de la défense du Sud Caucase et de la Géorgie, et non les Etats-Unis. C'est en ignorant le rôle de la Russie que nous avons mené notre pays vers la tragédie d'août 2008. »

 

La Russie est opposée à la constitution de nouvelles places armées américaines, et y répond en armant parallèlement ses propres zones périphériques; de même, à la reconnaissance par les Etats-Unis de l'indépendance du Kosovo correspond la reconnaissance des indépendances de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud par la Russie.

 

Selon lui, si la Géorgie avait pris en compte son espace géopolitique naturel, elle aurait pu éviter le conflit d'août, la perte des deux régions séparatistes, de son marché économique russe, elle aurait pu développer ses relations commerciales avec la Russie et ses projets touristiques qui auraient contribué à élever le niveau de vie des Géorgiens.

 

« Que pouvons-nous faire pour sortir de cette situation? », se demande-t-il. Il conseille de prendre la Finlande comme l'exemple équilibré de la neutralité vis-à-vis de l'OTAN et des relations apaisées avec la Russie. « Le seul Etat à s'opposer à la neutralité du statut de la Géorgie sont les Etats-Unis. Ils ont tout fait pour anéantir tout accord entre la Géorgie et la Russie et y sont parvenus, » affirme-t-il. En faisant le choix de s'allier aux E.-U., la Géorgie risque de voir son territoire se réduire comme peau de chagrin.

 

Publié dans Géorgie-Russie

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